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Archive for the ‘Question de langue’ Category

Voici un site de recherche linguistique, encore en version beta, mais qui vaut le coup d’oeil. Wordnik est plus qu’un simple dictionnaire, il contient:

étymologie: du American Heritage Dictionary of the English Language et du Century Dictionary

définitions: du American Heritage Dictionary, du Century Dictionary, du Webster’s Unabridged et de Wordnet

synonymes et antonymes: du Reogat’s New Thesaurus et du Allen’s synonyms and antonyms

Mais ce n’est pas tout, le site contient aussi des exemples d’utilisation du mot en contexte tirés du Projet Gutenberg,  la prononciation, les dernier messages contenant ce mot sur Twitter et les images correspondant à cette recherche sur Flickr. Le tout sur un seul site Internet, avec un joli design simple et moderne, chouette, non?

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Je vous propose un billet tiré des notes prises à la conférence donnée par Alain Rey le 21 avril 2009 à Genève. Je retiens un orateur  passionné, captivant, clair et amusant, qui observe l’évolution de la langue française sans défendre la norme et le purisme à tout prix.

Le français va-t-il disparaître ?

Il revenu sur l’histoire de la langue française pour tenter d’apporter une réponse à la question : le français risque- t-il de disparaître ? Il a notamment mentionné la disparition du gaulois  en quelques générations seulement qu’il considère comme une leçon à retenir. Cependant, il a souligné que le français avait traversé des moments où il avait risqué de disparaître ou de subir des modifications qui auraient pu le rendre méconnaissable, qu’il était donc rassurant de voir qu’il avait pu survivre à des menaces.

Histoire d’amour et de haine entre le français et l’anglais

Guillaume le Conquérant a imposé le français qui aujourd’hui n’est plus du tout parlé en Angleterre. Doit-on considérer ceci comme un échec du pouvoir de la langue française contre celui de la langue anglaise ? Non, car si les structures de l’anglais sont clairement germaniques, nombre de mots de divers domaines viennent du français. Les mots « ruraux » de la langue anglaise ont des origines saxonnes, alors que les mots « distingués » sont issus du français. Il cite en exemple les animaux dont les noms diffèrent selon que l’on désigne la bête vivante (mot utilisé à la campagne) ou la viande consommée (mot urbanisé).

Il  a également mentionné le « ping-pong de mots en-dessus de la Manche », soit le fait que de nombreux anglicismes de la langue française proviennent de mots anglais qui sont en réalité des emprunts au français. Parmi eux tunnel issu du mot tonnelle ou budget qui vient de bougette. Il souligne toutefois que très souvent ce sont des faux-amis car le mot anglais a gardé un sens proche du sens premier, du sens latin, alors que le sens français a évolué.

Langue orale – langue écrite

Une des caractéristiques du français d’aujourd’hui réside dans le fait que beaucoup de français que l’on croit oral est en fait de l’écrit parlé, c’est par exemple le cas du français utilisé à la radio ou à la télévision où le présentateur lit son prompteur. Cette situation donne donc lieu à une utilisation de la langue particulière dont il faut être conscient.

Concernant l’oralité, il a souligné que les langues qui disparaissent avec le temps sont presque toujours des langues qui ne sont pas écrites. Lorsque la langue enseignée ne correspond pas à la langue parlée, la première prend souvent le dessus et peu de dialectes résistent à une éducation donnée dans une autre langue.

Internet et le français

Il explique que les craintes selon lesquelles les gens ne vont plus savoir ni lire, ni écrire ne datent pas de l’utilisation d’Internet. Elles sont apparues avec notre monde oral, dans lequel on ne s’écrit plus, mais on se téléphone, où l’image, notamment par la télévision et le cinéma, a pris une place toujours plus grande. Internet a donc, au contraire, permis une sorte de retour à l’écrit. Les puristes dénonce l’utilisation d’un très mauvais français, mais si l’on fait une observation sociologique, ce retour à l’écrit permet de retrouver toutes les variétés de la langue spontanée parlée. C’est donc une nouvelle écriture, libérée des normes institutionnelles.

Répondant à quelques questions, Alain Rey nous donne son avis

…sur l’espéranto :

Cette langue n’a évidemment pas eu l’impact espéré par son créateur. M. Rey donne des éléments de réponses pour expliquer pourquoi. La langue a été créée à 90% sur des bases de langues romanes, l’espéranto possède donc un caractère international partiel. La langue est construite sur la logique et ses caractéristiques sémantiques en sont appauvries. Elle ne possède pas la puissance et le contenu affectifs que peut avoir une langue naturelle. Elle n’est donc pas une langue de communication spontanée.

…sur l’appauvrissement du français :

Il est possible de noter un certain appauvrissement dans la pratique de la majorité des francophones européens , mais selon lui, dans la pratique de la minorité, y compris chez les jeunes, qui  maîtrise tout à fait correctement la langue française, les personnes la maîtrise mieux que les générations précédentes, elle savent jouer sur de nombreux registres. Concernant le français utilisé par les jeunes des banlieues et les immigrés, il parle d’un appauvrissement qui est peut-être fictif, volontaire. Il souligne que la situation est difficile à observer,  car toute observation implique un changement, même involontaire, chez les personnes observées, c’est le problème de l’anthropologue. De manière générale, il considère que si la maîtrise n’est pas très grande, nous sommes loin de l’appauvrissement décrié.

Rapide mention à la traduction :

Il parle de l’intraduisible absolu, notamment en poésie, et dit « et pourtant, il y a des génies de la traduction, des génies de l’écriture, qui sont capables de faire passer une langue dans une autre avec une justesse aussi grande que la langue originale, peut-être parfois supérieure ». Il cite bien évidemment en exemple les traductions d’Edgar Poe réalisées par Baudelaire.

Voilà, seulement quelques points dont je souhaitais parler, si vous voulez visionner l’intégralité de la conférence, c’est ici. Je vous le conseille vivement, M. Rey est un orateur passionnant et les anecdotes sont nombreuses.

Je termine en citant une dame de l’audience, à la sortie de la conférence : « Il est resté deux heures debout, sans même boire un verre d’eau, si ça c’est pas un grand homme ! ». Comme vous le voyez, tout le monde a été impressionné, pas toujours pour les mêmes raisons.

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Tout d’abord se pose la question de la francisation. Pour certains pays ou villes, aucune hésitation. En effet, London, Lisboa, Italia et España seront toujours en français dans le texte. La question qui se pose naturellement est donc: pourquoi certains se traduisent et d’autre pas. Si San Sebastián en Espagne devient Saint-Sébastien, San Salvador reste tel quel. La norme est donc floue, certains toponymes sont francisés, d’autres pas.

Le problème survient quand il existe plusieurs allonymes pour un toponyme et qu’il faut arrêter son choix sur l’un. Un cas connu est celui de la capitale chinoise. Doit-on l’appeler Pékin ou Beijing? Pékin a été la première appellation française de la ville, elle découle d’un ancien système de romanisation du chinois créé par Nicolas Trigault au XVIIème siècle. Depuis, un nouveau système de transcription du chinois a été inventé: le pinyin. Beijing est donc la transcription qui correspond à ce second système. Les anglophones ont changé Peking pour  Beijing,  l’ONU recommande en français l’utilisation de Beijing, alors qu’en France la Commission nationale de toponymie recommande toujours Pékin (enfin, le document que j’ai lu date de 1996, depuis ils ont peut être changé d’avis). Cependant Le Robert des noms propres  de 2007 indique Pékin (Beijing). Quoi qu’il en soit, s’il on se fie à l’usage, les Jeux olympiques de l’été dernier se sont déroulés plus à Pékin qu’à Beijing pour le monde francophone.

Évidemment, si l’on travaille pour un organisme particulier ou une institution, en général les directives sont là pour guider notre choix. Mais si ce n’est pas le cas, selon quels critères choisir l’un plutôt que l’autre ?

Outils de référence:

la liste des noms des pays établie par la Délégation générale à la langue française selon les recommandations du Groupe d’experts des Nations Unies pour la normalisation des noms géographiques

pays et capitales du monde et glossaire de la terminologie toponymique, établis par la Commission de toponymie de l’Institut géographique national français

Et je termine en vous conseillant de lire la très bonne explication de BlogLingua sur la récente erreur de traduction qui aurait pu nuire aux relations russo-étasunnienes.

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