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Archive for the ‘Question de traduction’ Category

Trouvé un article dans Clicanoo, le journal de l’ïle de la Réunion, qui explique qu’une classe de collège s’attele à traduire Titeuf en créole.

Pour ceux qui n’ont pas dévoré les différents tomes, Titeuf, c’est le gamin né de la plume d’un bédéiste suisse, Philippe Chapuis, plus connu sous le nom de Zep. Un personnage attachant qui a un regard tordant de naïveté et de justesse sur la vie, les copains d’école, la famille et tout ce qui fait le quotidien d’un gosse moderne. Ses caractéristiques: sa mèche rebelle d’une longueur démesurée et son langage fait d’expressions nouvelles, inventées par l’auteur, mais qui collent au plus juste à ce qu’on peut entendre dans les cours de récré. Parmi ses phrases préférées, on trouve «c’est pô juste»,  «obsédé du zizi sexuel» et bien entendu «pov’ taré du slip».

photo de bgvjpe, Creative Commons de Flickr

photo de bgvjpe, Creative Commons de Flickr

Je salue donc cette initiative qui profite que ces jeunes maîtrisent le français tout comme le créole pour s’adonner à cet exercice de traduction. En effet, rien de mieux que de demander à des jeunes, enthousiasmés par un tel exercice, j’en suis sûre, d’inventer dans leur langue des expressions aussi drôles et proches de leur réalité. Une bonne manière de les faire réfléchir sur leur langue avec un langage qui leur est propre. Il est probable qu’ils proposeront des solutions beaucoup plus intéressantes et justes qu’un traducteur proche de la retraite et sans enfants.

Heureusement que je vois le bon côté des choses et que je trouve la démarche intéressante, sinon je déclarerais tout cela absolument scandaleux, que les éditions suivent le modèle de Facebook traduit par ses utilisateurs, qu’on exploite des pauvres jeunes qui ont rien demandé et qu’une fois de plus, on a trouvé une combine pour se passer des services d’un traducteur compétent. Mais pour cette fois, j’y vois que du bon, alors je me tais.

Si vous êtes traducteur indépendant, que vous avez un peu de temps à offrir, n’oubliez pas mon questionnaire.

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Aujourd’hui, j’ai traduis quelques lignes à propos des «ethnic media». Aux États-Unis, l’association New America Media regroupe un grand nombre de ces ethnic media, des médias qui ont pour public-cible des personnes d’une même origine, notamment latino-américaine dans le cas de ce pays.

D’autres exemples ici et . Sur ce dernier site, j’aime particulièrement la phrase: «With over 10 % of the total population of Ireland now ethnic, your marketing plan is not complete without us». Toute la question se résume à définir qui est ethnique et qui ne l’est pas, quelle est la différence entre une personne d’une autre origine ethnique et un étranger !

En français, il apparaît qu’on parle de médias de la diversité. Voyez aussi ce qu’en dit Altermondes Pourtant, il me semble que ce concept de diversité est très politiquement correct, un moyen d’intégrer ces minorités, ces communautés qui dans une masse dont on souligne la diversité ont la même place que n’importe quelles autres. Malheureusement je n’ai pas trouvé d’autre appellation, si quelqu’un en connaît, je suis preneuse. On parle aussi de médias communautaires, mais cette appellation désigne habituellement des médias qui favorisent la participation de la communauté.

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Le terme natif s’emploie pour désigner une personne née dans un pays ou une région spécifique.

De manière générale, indigène et autochtone désignent les personnes originaires du lieu qu’elles habitent. Cependant, indigène, ayant souvent été utilisé par les colons pour désigner les habitants des lieux qu’ils considéraient comme inférieurs, s’est teinté avec le temps d’une connotation négative. C’est pourquoi autochtone lui est souvent préféré. Indigène s’oppose à allogène.

Les organisations internationales emploient d’ailleurs le terme autochtone lorsque l’anglais parle d’indigenous. En effet, la Declaration on the Rights of Indigenous Peoples a pour titre français la Déclaration des droits des peuples autochtones.

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Pour traduire energy-efficient, autrement que par économique, qui ne peut être utilisé dans tous les contextes, deux solutions: passer par une explicitation ou utiliser un néologisme.

Première solution:

à faible consommation

– à haut rendement energétique

– à haute efficacité energétique

– économe en énergie

Deuxième solution:

– éconergétique

– éconergique

Observation de Termium: Puisque l’adjectif le plus juste pour qualifier ce qui a trait à l’énergie est «énergétique», le néologisme «éconergétique» est plus approprié que le terme «éconergique» […]. Cependant il demeure également possible de récupérer l’adjectif «énergique» pour exprimer la
même notion, car étant déjà dans le domaine des emplois figurés en proposant «énergivore», il n’est pas exclu d’étendre de la même manière la notion d’«énergique».

Comme c’est souvent le cas, ces néologismes sont surtout employés au Canada et moins dans les pays francophones. Un petit tour sur le site d’Ikea par exemple, montre bien la différence, si on indique être au Canada, il nous propose une ampoule éconergétique alors qu’en France, en Belgique ou en Suisse, il nous propose une ampoule économie d’énergie. Tiens, j’aurais plutôt parlé d’ampoule économique.

(Les personnes ayant cliqué sur les liens auront peut-être remarqué que les ampoules paraissent identiques, pourtant l’une porte la mention E27 et l’autre la mention E26, en effet, la référence du culot change selon le voltage, qui est différent au Canada et en Europe).

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Comme une petite envie d’écrire quelques lignes à propos du mot alternative, parce que ce nom est régulièrement employé de manière incorrecte et parce que l’adjectif anglais alternative pose quelques problèmes de traduction.

Selon les définitions courantes, une alternative est une situation dans laquelle il n’est que deux partis possibles, une situation dans laquelle deux possibilités s’offrent à nous, un dilemme. Le mot ne désigne pas le parti que l’on prend. Il est donc correct de dire il n’y a pas d’alternative si l’on veut dire qu’il y a qu’un parti possible, mais pas si l’on entend qu’il n’y a pas d’autre solution. Pour éviter cet emploi, on peut parler de choix, de possibilité, de parti, d’option et dans certains cas, de solution de remplacement ou de solution de rechange.

La question est plus délicate à propos de l’adjectif alternatif qui est souvent employé dans des expressions calquées de l’anglais. Pour être précis , on devrait parler par exemple de médecine douce ou de médecine parallèle et d’énergies de substitution. Oui, mais qu’en est-il du mouvement alternatif et des villages alternatifs qui ont fait la une ce week-end au sujet de la manifestation anti-OTAN à Strasbourg ? Je ne connais pas d’autres appellations et une recherche rapide ne m’en fournit pas. Ces emplois, aussi bien que ceux liés aux énergies ou à la médecine, sont très à la mode, utilisé à tout va par les médias. Un puriste les condamnerait, mais jusqu’à quand doit-on condamner un usage largement répandu, adopté par la population et par les médias. Je pense qu’il est important d’essayer de les éviter lorsque c’est possible, cependant, si de nouvelles expressions les utilisant de manière pas toujours correctes apparaissent, a-t-on vraiment le choix?

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